19 août 2016

Murmures


Je dis murmures, et ton absence se mélange avec mes syllabes.

Je dis absence, et le temps s’écoule lentement sur le nocturlabe.

Je dis lune, et l’obscurité de ce manque raconte notre histoire.

Je dis passé, et le fardeau du temps entrave les pas de l’espoir.

Je dis présent, et le passé se balade souvent dans mes rêves.

Je dis réalité, et les songes sont l’unique issue vers la trêve.

Je dis refuge, et je pense à ces moments passés sous la lune.

Je dis pensée, et ton souvenir éveille ces éternelles rancunes.

Je dis bruit et ces murmures se mêlent au silence nocturne.


Med A.
Mars 2016

6 mars 2016

Poisson d’avril


Avril, que ton poisson soit sincère

Boycotte le mensonge sur la terre,

Cultive le germe de la paix

De l’égalité et du bienfait.

Et toi nouvel an bissextile

Fait moi changer de textile

Grave la joie partout aux pays

Histoire de faire rire ces foyers.

Ils t’attendent les malheureux

Jour et nuit pour être heureux,

Kilomètres par centaines de souffrance

Les pauvres cherchent tous leur chance.

Mon souhait a un rythme alphabétique

N, O, PW, X jusqu’à ce y magique.

Med A

Janvier 2016

6 janv. 2016

Artistes que nous sommes !

Artistes que nous sommes !

Je scrute ce tableau diapré à l’ envers,
le safran embrasse l’azur de l’Univers.
Je mets des lunettes pour voir
autrement une vie pleine d’espoir,
où l’obscurité de la nuit est dorée
et les étoiles sombres non éclairés,
la femme noire dans ce monde creux
liée par ce cordon au placenta bleu,
Et puis, ces égratignures enfantines,
un peu de sang et l’hilarité incertaine.
Sublime créativité au cœur de l’homme !
Rappelle les artistes que nous sommes.


Med A.

Janvier 2016
(inspiré par le tableau “l’or de l’azur” 1967  Fondation Joan Miro à Barcelone)

14 oct. 2015

Une vie qui s’achève



Une brise trousse les cheveux de l’été, elle l’oblige à préparer ses bagages,

un reste de soleil s'appesantit, tandis que le ciel nous livre son dernier orage,

les baigneurs, à pas lourds, se précipitent comme les rescapés d’un naufrage,

et le bateau des amours estivaux prend le large vers de nouveaux rivages.

Le sable fait ses adieux aux parasols qui abritaient les chairs morbidesses,

les feuilles arrivent à maturité, roussissent et plongent dans une légère ivresse,

les écoliers reprennent le chemin de l’école avec enthousiasme et allégresse,

la toquade s’achève dès la fin de l’été, à présent on cède la plage à la sagesse.

Dans les bois couleur de sable, au long des sentiers mal dessinés et monotones, 

j’apprécie le spectacle d’une feuille folle qui nargue, tangue et bourdonne,

elle se sacrifie pour former un beau tapis roux, pauvre victime d’automne !

Des vies qui s’achèvent, des centaines d’âmes aux pieds des arbres rayonnent.



13 août 2015

A bord d’un tap-tap


A bord d’un tap-tap
Ma plume vigousse parcourt le quartier,
savoure une ristrette du dépanneur côtier,
hèle sur le papier, court et prend  pause
pour inspirer sa poudrerie de la vie rose.
Elle scrute les gens chafouins et champanés.
Si un jour l’auteur la force de témoigner !
La lumerotte du savoir drache ses contes,
ses poèmes fadas que point n’enchantent.

 Med A
Aout 2015

21 juin 2015

Midelt, avis de recherche!


J’ai besoin d’elle. Ça me rassure de savoir qu’elle est là, elle veille sur moi comme un ange gardien. Je n’envisage pas la vie sans elle. J’éprouve pour elle une inondation de passion. Jamais je n’ai imaginé me trouver dans cet état d’âme qu’on nomme, la nostalgie. Je me suis enfui et elle s’est enfuie en me laissant une légère brise de décembre. Je cherche son froid glacial et sa fraîcheur estivale. Je cherche cette sensation étrange que je ressens en la contemplant chaque matin de ma fenêtre. Je passe des nuits à rêver de cette musique que son vent me jouait en grattant les fils électriques. Je suis le seul à comprendre les mots qu’elle me chantait avec le grincement des fenêtres. Je vis dans l’espérance de me promener, à nouveau, avec elle et en elle dans ses sentiers, ses jardins, ses champs et ses ruisseaux. Je la retrouve de temps en temps, c’est vrai qu’elle est toujours magnifique malgré quelques interventions chirurgicales, mais elle n’est plus la même. D’ailleurs comme toutes les villes natales on ne les retrouve plus comme on les avait laissées.


Med AAZEROU
mai 2015

1 mai 2015

Encore un hiver de passé



Encore un hiver de passé

L’hiver fuit ; maintenant c’est le printemps,
En ville, dans les bois, partout le beau temps.
La semence accueille la saison prodige
Et la fraîcheur de la rosée sur les tiges.
Comme toujours aux pieds de ma fenêtre
La pensée ailleurs, l’air effleure mon être,
J’écoute les bruits de la ville,
Les sons du désordre hostile.
Le front collé à la vitre,
J’admire le beau chapitre
Des femmes qui passent jambes nues
Embellis, des fleurs bien entretenues,
Dans les jardins et sur des voies couvertes
De plaisir, d’amour couleur d’herbe verte.
L’air chasse mes rêves pour ne laisser
Que le printemps et un hiver de passé.


Med AAZEROU
 Avril 2015

4 avr. 2015

Aphorisme et haïku

Aphorisme et haïku

Le milan[1] huit[2] Mars
Jamais au rendez-vous,
Printemps des femmes.
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« J’ai rêvé d’un monde sans écriture et j’ai perdu la mémoire »

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Une main sur le coup
L’autre posée au bas ventre,
Le violoncelle vibre.
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« Du haut de ce cœur j’ai plongé, je flotte encore en l’attente de m’écraser un jour ! »
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Au port de l’adieu,
Les vagues remuent les navires,
Je tangue par ses larmes.
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« Si l’homme ne savait pas ce que fermer les yeux, il ne saura jamais savourer la vie. »

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Un bouquet de fleurs
Un jeune homme passe,
L’amour juste en face.

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« La vieillesse n’est que le résultat d’avoir rater le rendez-vous de la mort. »

©Med AAZEROU
Mars 2015



[1] Oiseau rapace d'Europe.
[2] Huir : Crier en parlant de certains oiseaux comme les faucons crécerelles et crécerellettes ou le milan